Les pratiques physiques outsiders : une créativité en action

Résumé

A partir d’enquêtes de terrain nous combinons la grille d’analyse soulignant la distinction entre pratiques Established (dominantes, reconnues) et pratiques Outsiders (marginales1) sur le modèle interactionniste en sociologie et l’approche éliasienne précisant les pratiques à la fois marginales, étranges, voire étrangères (Korte, 2004 ; Élias, Scotson, 1997). Notre souci est de mieux comprendre spécifiquement certaines pratiques peu connues du grand public et/ou moins souvent présentées par les médias de masse (base jump, parkour, escalade libre, apnée, contorsion, funambulisme, etc.). Lorsque ces pratiques Outsiders sont médiatisées, en effet, elles le sont dans des reportages qui soulignent leur caractère exceptionnel ou bien farfelu. Le danger supposé inhérent à ces pratiques est présenté comme une marque de fabrique, le sceau qui les caractérise. Les pratiquant-e-s relèvent alors d’une catégorie d’aventuriers sportifs qui recherchent des limites hors du commun, voire qui prennent des risques inconsidérés. Nos propos visent à rendre davantage abordables des pratiques Outsiders (étranges parce que marginales) qui se présentent sous des allures inaccessibles souvent, incongrues presque toujours. Pour autant, toutes ces pratiques abordées par enquête de terrain sont tout à fait compréhensibles et ne relèvent pas de comportements irrationnels ou insensés. La mise en perspective avec les pratiques dominantes permet de réaliser une analyse, par conséquent un premier désenchantement, de ces pratiques Outsiders a priori exceptionnelles. A côtés de ces pratiques Establihed, coexistent des sports moins visibles, par conséquent moins médiatisés, moins éclairés par les feux de la rampe, et fréquemment moins financés. Nous appelons ces pratiques sportives Outsiders (marginales). Elles peuvent paraître étranges, voire étrangères, aux comportements communs. Leur réalité n’est pas contestable, ces pratiques sont seulement moins souvent abordées par les médias, elles bénéficient sensiblement moins d’investissements financiers à de rares exceptions près comme le surf, elles peuvent être relativement moins soutenues par les institutions de tutelle. Il s’agit d’être vigilant toutefois et ne pas insuffler un jugement de valeurs favorable à ces pratiques physiques plus démunies : une approche « provictime » en quelque sorte. Car, la marginalisation peut ne pas être totalement du fait des responsables et acteurs influents des sports dominants. La distance à l’orthodoxie sportive peut être volontaire, en tous les cas, revendiquée de la part des Outsiders : certaines « sous disciplines » constituent de véritables alternatives à la pratique dominante (base jump2, spéléologie urbaine par exemple). L’écart à la norme sportive peut être motivé par un souci de ne pas dépendre de réglementations contraignantes, une volonté de se distinguer d’une pratique jugée trop conventionnelle, voire une simple démarcation personnelle en raison d’une mésentente avec des dirigeants ou des entraîneurs par exemple. Nous pointons notre analyse sur quelques pratiques Outsiders spécifiquement analysés ces quinze dernières années.

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Informations complémentaires

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auteur

annee

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http://www.msh.univ-nantes.fr/

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